Vous êtes salarié, vous visez le métier d’éducateur sportif ou d’animateur, et le coût d’un BPJEPS (6000 à 9500 euros) vous freine. Le Projet de Transition Professionnelle, géré par les associations Transitions Pro de votre région, est le dispositif conçu exactement pour votre situation : changer de métier sans démissionner, en gardant votre contrat et votre salaire pendant la formation. Voici comment il fonctionne, étape par étape, à travers le cas de Karim.
Le cas de Karim : magasinier devenu candidat éducateur sportif
Karim, 34 ans, est magasinier en CDI depuis 6 ans dans une entreprise de logistique. Il encadre une équipe de jeunes en club de basket le week-end et veut en faire son métier. Son objectif : un BPJEPS mention activités physiques pour tous (MAPS), désormais enregistré au RNCP sous le numéro RNCP40480 depuis la réforme. Coût de la formation visée dans son centre : 7800 euros. Sans dispositif, c’est inenvisageable sur son budget. Le PTP va lui permettre de suivre la formation en restant salarié et payé. Suivons son parcours.
Étape 1 : vérifier qui peut prétendre au PTP
Avant toute démarche, Karim vérifie qu’il remplit les conditions d’ancienneté. C’est le premier filtre, et il est strict.
Pour un salarié en CDI, le PTP exige de justifier de 24 mois d’activité salariée (consécutifs ou non), dont 12 mois dans l’entreprise actuelle. Karim, avec ses 6 ans d’ancienneté, passe largement cette condition.
| Situation du salarié | Condition d’ancienneté |
|---|---|
| Salarié en CDI | 24 mois d’activité salariée, dont 12 mois dans l’entreprise |
| Salarié en CDD | 24 mois d’activité salariée sur les 5 dernières années, dont 4 mois en CDD sur les 12 derniers mois |
| Personne licenciée (économique ou inaptitude) | Conditions allégées, droit ouvert sans condition d’ancienneté dans certains cas [à vérifier auprès de l’ATpro régionale] |
Bon à savoir : certaines situations dispensent de la condition d’ancienneté, notamment après un licenciement économique ou pour inaptitude, à condition de ne pas avoir suivi de formation entre le licenciement et la demande. Si vous êtes dans un cas particulier, contactez directement votre association Transitions Pro régionale pour confirmer votre éligibilité avant de monter le dossier.
Le BPJEPS reste accessible à votre niveau d’études : c’est un diplôme de niveau 4 ouvert sans le bac, donc l’éligibilité au PTP ne dépend pas de votre diplôme initial mais bien de votre parcours salarié.
Étape 2 : la demande à l’employeur et les délais à respecter
Le PTP suppose une absence de l’entreprise pendant la formation. Karim doit donc demander une autorisation d’absence à son employeur. Ce n’est pas une démission ni une rupture : le contrat est suspendu, puis reprend.
Les délais de dépôt de la demande dépendent de la durée de la formation et du caractère continu ou non de l’absence :
- Formation d’au moins 6 mois en continu : demande écrite à l’employeur au minimum 120 jours avant le début.
- Formation de moins de 6 mois, ou à temps partiel : demande au minimum 60 jours avant le début.
L’employeur dispose d’un délai pour répondre (30 jours). Point rassurant pour Karim : l’employeur ne peut pas refuser la formation sur le fond. Il peut seulement reporter le départ, une fois, et pour un motif de service justifié (effectifs simultanément absents, nécessités de production), généralement dans la limite de 9 mois. Le droit au PTP est donc protégé : un report n’est pas un refus.
Karim cale donc son calendrier à l’envers : il repère la session BPJEPS qui démarre en septembre, et dépose sa demande d’absence dès le mois d’avril pour tenir les 120 jours. En parallèle, il monte son dossier de financement auprès de Transitions Pro, qui suit son propre calendrier de commissions.
Étape 3 : ce que finance réellement Transitions Pro
C’est le cœur du dispositif. Une fois le dossier validé en commission, Transitions Pro prend en charge plusieurs postes, ce qui distingue le PTP des autres dispositifs comme le CPF seul.
| Poste pris en charge | Détail |
|---|---|
| Frais pédagogiques | Le coût de la formation facturé par le centre BPJEPS |
| Rémunération | Maintien du salaire pendant toute la durée de formation (voir étape 4) |
| Frais annexes | Transport, repas, hébergement selon barème, si la formation l’impose |
Pour la formation de Karim à 7800 euros, c’est l’intégralité des frais pédagogiques qui est visée. Attention : Transitions Pro applique des plafonds de coût horaire et peut demander un cofinancement si le tarif du centre dépasse ses barèmes. C’est un point à anticiper en comparant les centres. Sur le choix d’un organisme et la vérification de son enregistrement, voyez notre page /centres.
Le PTP peut aussi s’articuler avec d’autres leviers. Si vous voulez comparer l’ensemble des pistes (CPF, AIF, alternance), faites le point sur la page /financement, ou utilisez l’outil /outils/financement pour identifier le dispositif le plus adapté à votre statut.
Étape 4 : le maintien de la rémunération, le vrai avantage du PTP
C’est l’argument décisif pour un salarié. Pendant le BPJEPS, vous ne touchez pas une allocation au rabais : vous conservez votre salaire, versé par votre employeur, qui se fait ensuite rembourser par Transitions Pro.
La règle du maintien dépend de votre niveau de salaire de référence (la rémunération moyenne perçue avant le départ en formation) :
| Salaire moyen de référence | Taux de maintien |
|---|---|
| Inférieur ou égal à 2x le SMIC (3734,04 euros brut/mois) | 100% du salaire moyen |
| Supérieur à 2x le SMIC | 90% du salaire moyen |
Le seuil de 2x le SMIC se calcule sur le SMIC en vigueur. Au 1er juin 2026, le SMIC mensuel brut est de 1867,02 euros, ce qui place la barre du maintien intégral à 3734,04 euros brut par mois.
Karim, magasinier, perçoit environ 2100 euros brut par mois. Il est très en dessous du plafond : il conserve donc 100% de sa rémunération pendant toute la durée de sa formation BPJEPS. Concrètement, il change de métier sans perte de revenu, ce qui sécurise son budget familial et lève le principal frein psychologique de la reconversion.
Cette mécanique de maintien intégral profite à la grande majorité des candidats au BPJEPS, dont les salaires d’origine se situent souvent sous le double du SMIC. Elle explique pourquoi le PTP est le dispositif de référence pour les salariés qui visent les métiers du sport et de l’animation, où les rémunérations de débutant tournent autour de 1850 à 2010 euros brut pour un éducateur de la branche sport (CCNS, IDCC 2511).
Récapitulatif du parcours de Karim
| Étape | Action | Repère de délai |
|---|---|---|
| 1 | Vérifier l’ancienneté (24 mois dont 12 dans l’entreprise) | Avant toute démarche |
| 2 | Demande d’absence à l’employeur | 120 jours avant (formation > 6 mois) |
| 3 | Montage et dépôt du dossier Transitions Pro | Selon calendrier des commissions régionales |
| 4 | Passage en commission et validation | Réponse de l’ATpro |
| 5 | Entrée en formation, salaire maintenu | Maintien 100% car salaire < 2x SMIC |
Points de vigilance avant de vous lancer
Le PTP est puissant mais sélectif : les commissions Transitions Pro arbitrent selon la cohérence du projet, la réalité du débouché et le budget régional disponible. Pour mettre toutes les chances de votre côté, soignez l’argumentaire de reconversion (expérience d’encadrement, marché de l’emploi local pour le métier visé) et vérifiez que la mention BPJEPS choisie correspond bien à votre projet. Karim, par exemple, a dû justifier que la mention MAPS (RNCP40480) ouvrait sur des postes réels dans son bassin d’emploi.
Anticipez enfin le calendrier double : celui de votre employeur (préavis de la demande d’absence) et celui des commissions régionales, qui ne siègent pas en continu. Un dossier déposé trop tard fait rater une session entière.
Pour la procédure détaillée de dépôt, les pièces à fournir et les coordonnées de votre association régionale, consultez la page dédiée /financement/transitions-pro. Vous pourrez ensuite confirmer votre éligibilité précise et lancer votre dossier en confiance.