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BPJEPS ou STAPS pour devenir éducateur sportif en reconversion adulte

BPJEPS ou licence STAPS pour une reconversion d'éducateur sportif adulte : durée, coût, niveau, emploi et passerelles comparés dans un tableau clair.

La rédaction FormationBPJEPS
Illustration de l'article : chemins divergents vers differents sports, marine et or

L’essentiel en bref

Le plus rapide vers l'emploi :
Le BPJEPS (diplôme de niveau 4, environ 9 à 18 mois) vise un métier précis et s'adresse aux adultes en reconversion, même sans le bac.
Le plus diplômant :
La licence STAPS (niveau 6, bac+3, 3 ans) ouvre plus de débouchés et l'accès aux concours, mais exige le bac et un format universitaire à temps plein.
Sans le bac :
Le BPJEPS est accessible sans le baccalauréat et hors Parcoursup. La licence STAPS demande le bac ou un diplôme équivalent.

Deux voies, deux logiques

Quand un adulte décide de se reconvertir vers un métier d’éducateur sportif, deux diplômes reviennent vite : le BPJEPS et la licence STAPS. Ils mènent au même terrain, l’encadrement sportif, mais répondent à des projets différents.

Le BPJEPS (brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport) est un diplôme d’État professionnalisant de niveau 4, délivré par les services de l’État via les DRAJES. Il forme à un métier précis selon une mention (par exemple Activités de la forme, Activités aquatiques et de la natation, ou Activités physiques pour tous, devenue MAPS). On y entre pour exercer vite.

La licence STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) est un cursus universitaire de niveau 6, soit un bac+3 en trois ans. Elle apporte un socle théorique large (physiologie, biomécanique, psychologie, pédagogie) et plusieurs mentions, dont Éducation et motricité, Entraînement sportif, ou Activité physique adaptée et santé. On y entre pour construire un parcours long et accéder à des fonctions plus larges, y compris l’enseignement et certains concours.

Durée, coût et niveau de diplôme

C’est souvent le premier critère de tri pour un adulte qui finance sa reconversion et veut limiter sa période sans revenu stable.

CritèreBPJEPSLicence STAPS
Niveau du diplômeNiveau 4 (équivalent bac)Niveau 6 (bac+3)
DuréeEnviron 9 à 18 mois3 ans à temps plein
PrérequisPSC1, certificat médical, TEP propres à la mention, pas de bac exigéBac ou équivalent, dossier Parcoursup pour les jeunes bacheliers
FormatAlternance fréquente, formation en centre + stageUniversitaire, cours magistraux et travaux dirigés
Coût indicatif6000 à 9500 euros selon la mention et le centreFrais d’inscription universitaires modérés, mais 3 ans sans salaire
FinancementCPF, AIF, PTP via Transitions Pro, alternanceBourses, contrats étudiants, dispositifs reprise d’études

Pour le BPJEPS, le coût affiché de la formation est élevé, mais il est rarement payé de sa poche. Le CPF couvre jusqu’à 5000 euros (8000 pour un public infra-bac), avec un reste à charge de 150 euros par dossier, exonéré si le dossier passe par l’AIF de France Travail. L’AIF plafonne à 8000 euros et peut s’accompagner de la rémunération RFFT, jusqu’à 775,65 euros par mois pour un demandeur d’emploi. Un salarié garde son salaire via le PTP : maintien à 100 pour cent si la rémunération ne dépasse pas 3734,04 euros bruts (deux SMIC), sinon 90 pour cent. Le détail des montages est dans l’outil financement.

Pour la licence STAPS, la dépense n’est pas dans les frais d’inscription, qui restent universitaires. Elle est dans la durée : trois ans à temps plein, donc trois années où il faut financer sa vie. Pour un adulte de 30 ou 40 ans avec des charges, ce point pèse souvent plus lourd que le prix d’une formation BPJEPS.

Valeur sur le marché de l’emploi

Les deux diplômes débouchent sur des métiers réels, mais pas exactement les mêmes.

Le BPJEPS donne une carte professionnelle d’éducateur sportif, donc le droit d’encadrer contre rémunération dans la mention obtenue. C’est un sésame concret et reconnu en salle de sport, en club, en association ou en collectivité. Les rémunérations de début se lisent dans les conventions collectives. Un éducateur sous la convention CCNS (IDCC 2511) démarre autour de 1850 à 2010 euros bruts par mois. Un animateur sous la convention ECLAT (IDCC 1518) débute entre le SMIC et 1850 euros bruts. Dans la fonction publique territoriale, un ETAPS ou animateur territorial démarre vers 1830 euros et peut atteindre près de 2900 euros bruts en fin de carrière. Pour mémoire, le SMIC au 1er juin 2026 est de 1867,02 euros bruts par mois.

La licence STAPS, elle, ne délivre pas directement la carte professionnelle dans toutes ses mentions, mais ouvre un éventail plus large : préparation physique, activité physique adaptée, accès aux masters, passage de concours (professorat, fonction publique). Sa valeur tient moins à un métier unique qu’à un portefeuille de débouchés. Le revers, c’est qu’à bac+3 sans expérience de terrain, l’insertion peut être plus lente qu’avec un BPJEPS taillé pour un poste précis.

Pour un projet ciblé, par exemple coach en salle, maître-nageur ou éducateur dans un club, le BPJEPS est plus direct et plus lisible pour un employeur. Pour un projet évolutif ou tourné vers l’enseignement et la santé, la licence STAPS donne plus de marges. L’outil d’orientation quel BPJEPS aide à cadrer la mention si la voie professionnalisante est retenue.

Passerelles et équivalences

Les deux mondes ne sont pas étanches.

Une licence STAPS peut donner des équivalences partielles vers certaines mentions du BPJEPS, dispensant d’une partie des exigences préalables ou de certaines unités capitalisables (les UC). Une partie des étudiants STAPS passe d’ailleurs un BPJEPS en cours ou après la licence pour sécuriser la carte professionnelle sur une activité précise. À vérifier au cas par cas auprès de l’organisme de formation et de la DRAJES, car cela dépend de la mention visée.

Dans l’autre sens, un titulaire du BPJEPS qui souhaite poursuivre peut viser un DEJEPS (niveau 5), puis un DESJEPS (niveau 6), filière professionnelle qui monte en responsabilité (coordination, direction de structure) sans repasser par l’université. La VAE constitue une troisième voie pour faire reconnaître l’expérience acquise et obtenir tout ou partie d’un de ces diplômes.

Retenir l’idée simple : on peut entrer par le BPJEPS pour travailler vite, puis enrichir son profil par la suite, sans que le choix initial ferme les portes.

Lequel choisir pour un adulte sans le bac

C’est ici que la décision se tranche le plus nettement.

La licence STAPS exige le bac ou un diplôme équivalent. Sans ce prérequis, l’accès suppose un détour : capacité en droit, DAEU, ou retour à un examen équivalent. Pour un adulte en reconversion qui veut exercer dans un délai raisonnable, ce détour ajoute souvent une à deux années avant même de commencer le cursus de trois ans.

Le BPJEPS, à l’inverse, est accessible sans le bac. Il s’agit d’un diplôme de niveau 4, sans passage par Parcoursup. Les conditions d’entrée portent sur le projet et les aptitudes physiques, pas sur un diplôme antérieur : socle commun avec le PSC1 et un certificat médical, plus les tests d’exigences préalables propres à chaque mention. Pour l’aquatique par exemple, l’entrée en AAN demande le BNSSA et le PSE1. Bonne nouvelle, une fois réussis, les TEP sont valables à vie, ce qui sécurise un projet qui s’étale dans le temps.

Pour un adulte sans le bac, le verdict est donc clair : le BPJEPS est la voie naturelle. Il valide un métier, il se finance bien (voir l’outil financement), et il s’inscrit dans une logique de reconversion rapide plutôt que de cursus long. La licence STAPS reste pertinente pour qui possède déjà le bac, dispose du temps et du budget pour trois ans d’études, et vise un horizon professionnel large. Avant de vous lancer, vérifiez d’abord les prérequis de la mention visée avec l’outil prérequis, puis comparez les centres qui la proposent dans l’annuaire des centres.

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